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Début de l'histoire de mon enfance: 01 La maison familiale 

 (Articles numérotés de 01 à 32 )

Début de l'histoire de l'enfance de DGF:  101: Une nouvelle histoire 

(Articles numérotés de 101 à116)

Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 06:45

Suite...

0 K 8 (2)Tu te rends compte, dix sept ans sans donner des nouvelles!. lIs m'ont retrouvé quand j'ai acheté la maison ici, par le consulat tu comprends, moi j’avais dis que plus jamais j’aurais donné de mes nouvelles et que tout ce que javais là-bas, ils pouvaient en faire ce qu’ils voulaient, c’est tout. Parce que mes parents n’ont pas apprécié que je me marie ici. Ça avait fait l’objet d'une grande discussion par lettre tout ça à l'époque, et je navais pas apprécié, et ce qui ma le plus étonné cest que lorsque j'y suis revenu, là personne ne ma plus rien reproché. Écoute, jai été reçu comme si je nétais jamais parti. Jy suis retourné bien sur parce que tout le monde est venu me chercher mais sur tout pour mes enfants. Je n’avais pas le droit de les priver de leurs grands parents.

 

 Alors la première fois, j’avais encore ma grand-mère, du côté de mon père. Elle aussi, elle travaillait dans les champs, elle vivait avec ma tante qui est ma marraine. Je vais chez eux, ma marraine était là mais pas la grand-mère. Ma marraine me dit: «-Je vais te conduire mais tout doucement sinon la grand-mère va avoir une attaque». On arrive dans les champs, il y avait plein de femmes qui travaillaient. Ma marraine me dit d’arrêter un peu avant, et moi je les entendais parler. Elle dit: «-Ce monsieur veux vous parler». Elle ne savait pas comment le lui dire, elle me regarde et elle dit: «-Moi je ne parle pas aux monsieur que je ne connais pas!». «-Oui mais lui a quelque chose d'important à vous dire». Les autres femmes s’y sont mises aussi: «-Allez lui parler, vous verrez bien, il n’y a pas de danger, nous sommes là!». Alors, ma marraine a dû lui dire: «-C’est F*******». Là, elle a jeté sa `rasette´, elle a couru pour me prendre dans ses bras. Tien, rien que de parler de ça, je suis tout chose. Tout seul, je croisais les gens, personne ne me reconnaissais. C’est pas bien d'avoir fait tout ça. Tout ça pour ce que je croyais être de l'amour! Merde!.

 

0 K 8 (3) Tu sais ce que disait ma maman quand elle chantait, elle me disait: «-Maman chante parce que ça l'empêche de pleurer.

 

A mon arrivée en France, je ne parlais pas un mot de Français. Mes deux premiers copains que je me suis fais étaient Espagnol.

Ils m'ont appris mes premiers mots de français mais entre eux, ils parlaient espagnol; c'est pourquoi je me débrouille pas trop mal en Espagne, enfin je comprend tout mais pour parler c'est plus difficile...

Au Portugal, on dit que les portugais à l’étranger sont tous main dans la main, j'ai appris que ca ne se passe pas toujours comme ca !. Il y en avait, les plus malins, qui étaient ici depuis un certain temps et ils exploitaient les nouveaux arrivants.

Par exemple, ils achetaient un terrain, construisaient des baraques dessus, un robinet d'eau au milieu et louaient à prix d'or aux nouveaux (surtout ceux qui venaient illégalement) qui ne savaient pas où aller surtout au moment de l’indépendance de l'Algérie, les logements étaient réquisitionnés pour les rapatriés.

Il y en a qui se sont fait des petites fortunes avec ces trafics. Parfois aussi, ils te proposaient de t'accompagner pour régler divers papiers dans les administrations et se faisaient payer à l'heure, au même prix qu'ils étaient payé au travail.

Moi, je n'ai pas trop été concerné parce que je vivais à l’hôtel en pension complète mais ceux qui avaient femmes et enfants ne pouvaient pas se le permettre. 0 K 8 (1)

 Les cartes d'identité Française se font à la mairie, la mienne se fait dans une ville pas loin qui s'appelle Sin le Noble, c’est là que nous les étrangers, devons aller.

 

C'est un passeport ou une carte de résident?.

Non c’est une carte de résident ou une carte de séjour et après j'ai encore une carte de travail, j’avais le droit que de travailler dans le bâtiment. C’est fini ça puisque nous sommes européens mais j'ai connu çà moi oui, mais attention, pas les algériens et marocains, eux ils ont des conventions particulières puisque avant leur pays était Français. Au départ, tu ne peux bosser que dans un département, moi la Gironde, le 33. Et après petit a petit ça s'étend, pour changer de département, il fallait faire une demande à l'ANPE et si il y avait des chômeurs, nous on avait pas le droit, refusé. En plus, obligation de passer une visite médicale tous les 5 ans avec un médecin assermenté par l'état, en plus des visites obligatoires pour tous les salariés. Je recevais une convocation de la préfecture et je devais payer de ma poche, c’était cher puisque c’est un médecin spécial. Et si on avait contracté une maladie, on pouvait être renvoyé chez nous. Ça arrivait rarement. Ils obligeaient les gens a se faire soigner sur contrôle de la police pour une maladie contagieuse.

Tu ne sais pas toi la chance que vous avait.

A suivre (115)...

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 06:17

Suite... 

Je voulais te parler déjà un peu de ton livre, l'histoire de ton enfance.

Tu l’as lu?.

J'ai été conducteur de travaux, je gérais un chiffre mensuel de 4 millions de francs, j’étais donc souvent amené à prendre de grandes décisions au niveau financier et aussi du personnel, je ne voudrais pas que tu crois que je suis une Marie Madeleine qui pleure pour tout et pour rien, j'ai besoin que tu m'estimes. Parce qu’hier soir, ou plutôt ce matin, j'ai encore pleuré. Tu sais, ton livre m’a fait ressortir des choses que je avais oubliées.

Sauf que toi c'est avec ton père que ça n'allait pas. 0 K 9 (3)

Je parle pas encore de ça, je parle de la façon comment nous avons vécus. A part les agneaux et l'hôpital, c’est un peu mon histoire tu sais.

Je pense que tu as été plus pauvre que moi.

C’est pour ça que nous apprécions ce que nous avons. Lorsque j’étais enfant, la arque avec le sel j’ai connu, à côté de la cheminée, les pins avec la résine, et le Noël avec l'orange, mais aussi les moutons, chez moi il n’y en avait pas, mais ma mère, lorsque j’avais dans les sept ans, pendant les vacances scolaire, me plaçait chez des gens qui en avaient. Je couchais là-bas, je mangeais et je gardais les moutons. Rien que pour pouvoir manger, tu vois nos deux histoires sont semblables.

C'est la misère qui est semblable.

Deux choses m'ont frappé, en dehors de la misère. Mais tu vois nous sommes là, des vies comme çà, seuls ceux qui l’on vécu peuvent comprendre.

Mais tu sais, des gens de notre age, beaucoup ont connu ça!.

Mais pas tant que ça, regarde!, tu dis qu’à l'école, peu d’enfants et même pas du tout, étaient comme toi.

Oui c'est vrai.

Ce qui m’a frappé en en dehors de ça, c’est la très bonne présentation et l'autre c’est comment tu te souviens si bien de tout, la deuxième c’est que ton frère a dû se saigner pour te faire soigner.

Je pense à mon enfance à la fois avec douleur et nostalgie.

Et tu parles tellement bien de ton pays, un jour tu me le feras visiter.

Oui, nous irons.

Et moi je te ferais visiter le mien, je ne sais pas en parler aussi bien que toi.

0 K 9 (1)Mais si tu sais!.

Mais je sais que j'ai beaucoup de souvenirs là-bas, ils ne sont pas tous bons mais c’est toute mon enfance. J’ai dû le poser pour pouvoir pleurer, et après, j'ai dormi. C’est de là que vient ton attache si forte aux animaux!.

Je pense oui, c'est depuis toujours.

Ce qui m’a surpris, c’est que tu montais aux arbres et là je pense que tu n’avais pas encore des pantalons.

Non, je n'avais pas de pantalons, et je marchais sur le faîte du toit, en danseuse, les bras écartés.

Un peu casse coup quoi!. Dis, tu ne parle pas de tes souffrances à l'hôpital.

Non, je ne me souviens de rien, j'avais moins de 3 ans.

Tu vois, ça me rattache encore plus fort à toi tout ça et ça a au moins l'avantage de nous avoir appris la vie.

Oui c'est vrai.

Pour être ce que nous sommes, nous avons dû nous battre et pas à armes égales. Alors je dis, pas pour nos enfants, il est trop tard, mais pour nos petits enfants, ça peu leur servir d'exemple que dans la vie rien n'est jamais acquis mais rien n'est jamais perdu.

Non, ça je ne crois pas, l'expérience des parents ne sert que très peu à nos enfants, quoiqu'on dise, quoiquon fasse, ils n'en font qu'à leur tête.

Tu as raison, nous ne sommes que des ancêtres comme dit Philippe. Mais lorsqu’on leur dit des choses, c’est comme une petite graine, un jour elle pourra germer peut être.

Mais quand mes enfants lirons ça, ils aurons bien entamé leur vie, c'est ça qui leur fera apprécier!. 0 K 9 (2)

Oh mais ils apprécierons encore plus oui. Jeanne c’est pas possible que nous deux ne puissions pas faire un bout de route ensemble.

Faisons comme la pub SNCF, laissons le temps au temps!.

Nous deux, un du service public et l'autre du privé, on va refaire le monde! surtout moi, toi tu ne dis rien.

Oui chiche, quand commence-t-on?. Le boulot c'est du passé, d'y penser ça me fatigue.

Moi non, au contraire, là je peux en parler pendant toute la nuit.

Oui, je vois, quand tu pars, tu n'arrêtes plus.

Tu sais, quand j’arrivais dans une réunion, plus personne avait la parole.

Ah oui, t'es comme ça toi!.

Et tu sais quoi? la meilleure défense c’est l'attaque. Tu sais pas ça toi?. Mais attention!, il fallait toujours que je sois crédible.

Oh! Moi, ma meilleure défense c'est la fuite.

La fuite… on peux toujours te rattraper, mais comme tu dis, tout ça c’est du passé.

A suivre (114)...

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 16 janvier 2012 1 16 /01 /Jan /2012 06:03

Suite...

Mais il n'y avait pas de service militaire?.

Si mais j'ai demandé avant tout l'autorisation au ministre de l'armé pour pouvoir quitter le territoire. Et il me l’a accordé, la majorité à l'époque était comme ici, à 21 ans.

Et tu as été dispensé parce que tu est parti travailler en France?.

Oui, je n’avais pas encore 18 ans. Donc, il me fallait la signature des parents. De toute façon, je leur avais dit: - sinon je fais une connerie!.

A l'âge d’aller à l'armé j’étais ici, je suis allé au consulat et j'ai demandé un report, comme un étudiant, jusqu'à 27 ans. Pas le droit de rester là bas plus d’un mois. De toute façon je n’y suis pas allé pendant 17 ans. Et après mes 27 ans, étant toujours à l'étranger, j'ai pu racheter mon service militaire. 0 L 1 (1)

Comment tu as fait pour préparer ton voyage?.

Ben, j'ai toujours été en règle avec le consulat. Sauf que j'ai toujours fait du déplacement, personne de ma famille savait où j’étais.

C'était pas interdit!.

Non, le seul interdit c’est moi qui me le suis imposé, envers la famille c’est tout, dû au fait que je me suis marié ici. Et une des choses que je regrette aujourd’hui, c’est d’avoir fait çà. Pas de me marier ici non, de ne pas avoir donné de mes nouvelles pendant si longtemps. Regarde!, moi j'ai dû arriver fin 1960 je ne sais plus, mon fils est né en 1964.

Tu as eu vite fais!.

Alors tu vois, c’est certainement courant 1963 que j'ai coupé les ponts.

Mais tu les as avertis qu'ils allaient être grand-parents?.

Non, pas vraiment. Eux, ils ne voulaient pas du tout que je fasse ma vie ici surtout avec une Française car les femmes Française avaient la réputation d'être légères, les Portugais n'avaient pas confiance. Mes enfants n’ont jamais été déclarés au consulat, ma femme non plus, seulement la date du mariage c’est tout. Dans les papiers portugais que j'ai moi, c’est marqué ‘marié´ mais pas avec qui ni rien. Seulement, ma fille est allée là-bas pour travailler et elle leur a dit, mon père est portugais j'ai le droit d'avoir la nationalité Portugaise. Ils ont demandé mon nom et là, ils lui ont donné le nom de sa mère, des grands-parents français et portugais, et elle a la double nationalité, mon garçon non.

 

Avant de venir moi, d’abord j'ai dû justifier que j’avais le métier correspondant au contrat qui avait été envoyé là-bas; à la junte nacionale de immigration. Ensuite, autorisation des parents, moi javais à peine 18 ans, après, autorisation du ministère des armés, si tu étais manœuvre, il fallait un contrat de manœuvre, moi j’étais maçon. Après x divers examens médicaux, attends, avant il fallait justifier que tu avais au moins le certificat d'études pas question denvoyer à l'étranger des analphabètes. Il fallait montrer que tout le monde savait lire. Déjà, pour avoir tout ce que je viens de dire, il fallait des mois et des mois.

0 L 1 (2)C'était encore la dictature au Portugal à cette époque là?.

Ben oui! et la guerre en plus dans les colonies. Après, commençait les examens médicaux, il fallait des certificats un peu de tout et être vraiment en très bonne santé et pouvoir le prouver.

Donc avoir les moyens d'aller chez des médecins.

Ah oui, beaucoup d'argent sans être remboursé. Je vais te donner un exemple tout bête: Les femmes, je ne sais pas comment vous êtes faites, mais nous les hommes, nous n’avons pas les épaules au même niveau. Mais il y a une juste mesure, au-delà, ils refusaient, il y en a une qui est plus haute que l'autre. Tu savais pas ça?.

Non, je ne savais pas.

Attend, après que l’on avait tout réunis, on envoyait ça à la junte nacionale de immigration, on recevait une convocation pour se présenter à Lisbonne, au minimum trois jours. Là, on ne payait que le train, logé et nourri, on ne payait rien. Tu me vois moi, arriver à Lisbonne de ma province?.

Ben, tu devais être un peu perdu!.

Je suis encore à l'arrêt du métro à attendre qu’il me prenne, il passait mais ne s’arrêtait jamais. Je suis allé voir quelqu’un et demandé:

«-Je suis là depuis longtemps et le métro s'arrête jamais!».

«-Vous lui avait fait signes?».

«-Non».

«-C’est vous qui devez lui faire signe!».

Ne te moque pas de moi toi, je ne savais même pas ça. Et je suis resté trois jours, lavage de cerveau, puisqu’on représente le pays, on ne doit pas faire de la politique, pas de syndicat, pas de manifestations, pas de grève et tout et tout quoi. Et ça, toujours à poil dans une pièce. Et quand tu es là, interrogé, tu perds tous tes moyens, le risque c'était, selon eux, d'être expulsé.

C'était humiliant d'être traité comme ça!.

Oui c'était fait pour.

C'est barbare comme méthode!.

Après on te demande quand tu veux partir, moi tu sais j'ai dis le premier train. Là, on te donne un tas de papiers et un billet de train avec un arrêt en Espagne, avant de passer la frontière Française, contrôle médical côté espagnol mais par des Français.

Encore!, ils étaient fous à cette époque.

Pour vérifier que tous les certificats correspondaient et pour vérifier si tu n’avais pas contracté une maladie en cours de voyage. Ensuite, ils te donnaient un casse croûte, tu montais dans un taxi pour traverser la frontière, ensuite dans un train jusqu’à destination.

Il fallait avoir une volonté de fer!. 0 L 1 (3)

Un gars m'attendait à Bordeaux, m’a pris en voiture, il était portugais lui, sinon moi je ne comprenais rien, il m’a amené à Mérignac dans un hôtel restaurant, et là, il était dix heures du soir passées, tout le monde avait mangé, moi, on m’a fait deux œufs sur le plat, du pain et une bière. C’est moi qui devais payer la pension. Et le lendemain j'ai suivi les autres jusqu’au chantier, c'était juste à côté, un grand chantier, avec bureau comptable et tout sur place. C'était une boîte parisienne mais moi, j’appartenais à l'antenne de Bordeaux. Toute la journée, ils m’ont conduit partout pour faire tout les formalités en ville.

C'était pas fini les formalités?.

Non, ici il faut te déclarer à l'ANPE, à la préfecture, à la mairie et d'autres.

Un vrai parcours du combattant.

Oui, ils ne te lâchent pas comme ça dans la nature. Et alors le lendemain, je suis arrivé au chantier, un chef m’a pris avec lui et m’a conduit où des murs avaient été tracés, il m’a fait amener des parpaings, du mortier et m’a fait comprendre que je devais maçonner. Ensuite il passait de temps en temps pour voir…

Et après, il y a encore à raconter, mais une autre fois si tu veux, alors tu vois, des misères j'en ai connu dans cette vie pourrie.

A suivre (113)...

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 9 janvier 2012 1 09 /01 /Jan /2012 06:34

Suite...

 Par contre, j'ai eu mon dernier patron qui m'aimait beaucoup, au point de vouloir que je prenne sa relève.

Ça ne t'as pas tenté?.

 Non, je n'ai jamais accepté ces choses là, même ici. Il me faisait tellement confiance qu’il me donnait à lire les journaux interdits de l'époque. Il avait un garçon plus vieux que moi et une fille qui était de mon âge. C'était pas pour moi bien sur, pas le même milieu. Mais c’est pour te dire comme j’étais bien con. 0 L 2 (3)

Con !!! pourquoi tu dis ça?.

J’allais souvent chez lui après le boulot, peut être que je m'y sentais mieux que chez moi, regarde, elle se changeait devant moi, elle me disait: «-Tourne toi je vais changer de robe!». Et moi je répondais oui mademoiselle, et je n'ai jamais regardé. Parce qu’elle me disait tu, mais moi je devais lui dire vous, je n'étais rien pour elle.

C’était une chipie non?.

Si tu veux oui, moi j’étais la classe inférieure. Écoute, je suis là aussi grâce à cette homme. Malgré tout, c’est lui qui ma prêté l'argent pour pouvoir venir ici. En plus, il m’a conduit à la gare. Je crois qu’il c’est mieux conduit pour moi que mon propre père.

C'est une partie de ma jeunesse ça, j'étais bien vu par mon patron et je passais saluer sa femme souvent le dimanche ou après le boulot. Lui était républicain alors il avait un journal, à l'époque, si tu étais pris avec ça, c'était la prison à vie.

Il était riche?.

Ben oui beaucoup. Il me le donnait à lire, écoute, il me faisait confiance mais il voulait me faire penser comme lui, m'inculquer ses idées tu comprends et ça, je n'aime pas et ce, depuis toujours.

Ah! oui, tu étais un peu rebelle toi aussi!.

Il ne faut pas m'imposer des choses, là je me méfie tu comprends?. C'était un gars, dans une descente, il coupait le moteur pour économiser l'essence. Je me souviens qu'il avait eu un manque d'essence, tu ne te rappelle pas toi, parle un jour de ça à tes frères. Je crois que ça avait été à cause d'une guerre en l'Égypte, un truc comme ça et toute l'Europe a eu un manque d'essence. Tu est trop jeune toi, tu vois, tu n'es pas encore assez vieille!!!.

C'était pas une histoire du canal de Suez?.

Ah! je retire ce que j'ai dit, oui ça vient de là à cause de la guerre avec l'Égypte.

Il avait un beau frère qui avait une pompe, et nous sommes allé une nuit la vider et cacher tout ça, tu vois qu'il avait confiance en moi.

Il volait son beau-frère?.

C'était en accord avec lui, pour la cacher et la garder pour eux, pour ne pas la vendre ou bien la vendre plus cher tu comprends!.

0 L 2 (1)Quand je suis venu ici, c'est lui qui m'a prêté l'argent.

Je suis allé trois jours à Lisbonne, passage obligé, lavage de cerveau. Il m'a aussi donné l'adresse de son frère et m'a dit: s'il te manque quelque chose, tu vas le voir. Et c'est aussi lui qui m'a conduit à la gare pour venir ici et après, moi j'envoyais de l'argent à mon père dans une banque que lui seul pouvait y toucher, et il a remboursé tout ça. Je n'avais le droit d'envoyer que 400 francs par mois, c'était beaucoup à ce moment là. Ensuite j'ai payé le gars qui m'avait trouvé le boulot pour 800 francs. Attends!, pour avoir une idée.

En 1966, moi je gagnais 1037 francs par mois et encore entre deux j'envoyais des billets pour ma mère dans des lettres. J'achetais des enveloppes avec un fond et je récupérais le fond d'une, je mettais les billets dedans, puis je les mettais dans une autre et ça partait comme ça. Ou alors aussi, quand un de mes collègues allait au pays.

Tu ne gagnais pas trop mal!.

Non, je gagnais bien, moi je suis venu avec un contrat de travail avec un taux de l'heure prévu et des conditions etc.

Oui parce que mon mari, au début, en 1972, il gagnait à peine 1000 F.

En ce temps là, les administrations ne payait pas bien non plus. Moi j'étais maçon, et encore pas au meilleur échelon, je faisais des heures supplémentaires aussi. Après j'ai donné de l'argent à mon père pour des faire des travaux, remettre leur maison en état, et il l'a fait, il aussi acheté une ou deux vaches, et un jour j'ai fait une lettre où j'ai dis que tout ce que j'avais donné, vous en faites ce que vous voulez mais moi vous ne me verrez plus.

Et pourquoi?

Tout ca pour une femme!

Quand ils ont su que je m'étais mis en ménage ici, ils ont tout fait pour «me ramener à la raison»!.

La bas ils croyaient que les femmes française étaient toutes des trainées, j'aurai dû faire venir la portugaise qui m'était promise, alors grosses disputes par lettre et j'ai tout envoyé balader et je n'ai plus envoyé de sous. C'est comme ca qu'on est resté fâchés de nombreuses années.

 

Donc, quand tu es parti pour la France, tu n'avais pas une promise?. 0 L 2 (2)

Oui, une très belle fille, elle s’est mariée bien sur, tiens!, avec le seul gars avec lequel je me suis battu, puisqu’on chassait sur le même terrain et j'ai rompu avec, il a eu la voie libre.

Et vous vous écriviez?.

Bien sur oui beaucoup mais tout à brûler, moi je les avais gardées mais quand ma femme les a découvertes, elle les a brûlées.

Et tu l'a aimée celle là?.

Mais on s'était à peine touché la main c’est tout. Attention deux frères curés, un père très pieu. Il me laissait faire parce que j’étais sérieux.

Et les lettres, elles étaient enflammées?.

Ben aussi oui, en plus ici je me suis retrouvé avec un oncle à elle, tu sais à 17 ans c’est pas pareil.

Alors quand tu as eu l'autre, tu as écris une lettre de rupture?.

Tout à fait, je lui ai dit que j’avais trouvé quelqu'un.

Bourreau de cœur!.

Non, dis pas ça et pratiquement à chaque lettre, elle me disait que j’allais pas revenir. Je n'ai cherché que quand j’avais besoin, je me suis retrouvé seul ici sans personne, en 1960 ou 1961. Alors, je me suis marié, mon fils a assisté à notre mariage le 31 mai 1966.

A suivre (112)...

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 05:33

Suite...  

 Là-bas, le curé passe à Pâques dans les maisons qui le veulent pour les bénir. Pour çà, il existe une herbe qui pousse à cette époque de l'année et si tu veux qu’il vienne, tu en cueilles une brassée et en mets devant ta porte de séjour en général jusqu'à la route, tu étales cette plante. Çà veux dire que tu veux qu'il vienne. Attention, longtemps avant, tu peints, toute ta maison doit être nickel, ménage fait à fond, tu mets ta plus belle nappe, une assiette avec des dragées une autre avec des sous, plus tu mets des sous, plus tu sera bénit. 0 L 3 (2)Le curé vient, il y a un gamin avec une cloche qui sonne pour l'annoncer, il y a aussi les enfants de cœur.

C'est comme ça qu'on donne les deniers du culte?.

Ça c’est en plus. Il y deux ou trois avec des sacs pour les dragées et un qui ramasse que les sous. Il discute deux minutes, comme il connaît tout le monde, il demande après ceux qu'il ne vois pas. Nous, comme on était loin, on leur donnait à boire de l'eau. Et tu mets aussi tes plus beaux habits!, ma mère était très chrétienne.

 

Tant que tu ne travaille pas, tu ne peux pas manquer une messe le dimanche.

Comme je n'aimais pas aller avec elle à la messe, je faisais croire que j'allais dans une autre église et quand on mangeait, on avait une séries de questions pour savoir de quoi avait parlé le curé au sermon et tout ça, elle savait tirer les vers du nez pour voir si tu y étais allé ou pas. Mon père lui, n'y allait pas mais nous obligeait à nous à y aller. Lui, allait seulement aux grandes occasions. Avant de rentrer, il fallait que je questionne un copain qui y était allé. Mon père, le peu de fois qu'il rentrait à l'église, il posait qu'un genou par terre, jamais le deuxième. En plus lui, il jurait beaucoup tout ce qui n'allait pas, c'était de la faute au bon dieu, alors il jurait et ma mère disait: écoute ça suffit, je voudrais bien qu'il te punisse.

 

Les curés avaient beaucoup de pouvoir. Quand j'ai voulu partir travailler en France, il me fallait le certificat d'étude. Je l'avais passé avec succès mais je n'avais pas le papier. Je suis allé de l'école à un bureau puis encore un autre bureau, je n'ai pas pu l'avoir. Je suis allé voir le curé, j'ai expliqué la chose, il m'a dit – revient dans quelques jours. Et il m'a donné mon certificat, je l'ai toujours, je te le montrerais.

 

0 L 3 (3)Histoire de la princesse: 

Tu sais quand j’étais petit on ma appris à faire trois bouchées dans une olive, on n’avait pas le droit de la manger d’un coup et encore olives maison. Elles étaient mises dans une jarre en terre cuite avec du gros sel et de l'eau, on la changeait je ne sais plus combien de fois, ça restait cru bien sur, ca me fait penser à une histoire.

Je ne me rappelle plus bien, je connaissais une histoire du temps des rois, je vais voir si j’arrive à te la raconter. ça parle de zizi, un roi avait envoyé un grand de la cour à la recherche de celui qui avait le plus grand zizi pour sa fille. Il est parti avec toute une cavalerie et tout d’un coup, dans une fête, il voit un gars qui jouait du tambour avec. Ça y est, il a trouvé le bon, et lui amène. Elle couche avec une nuit, elle dit non pas assez. 0 L 3 (1)Il repartent, arrivent dans une propriété d’oliviers c'était la cueillette des olives un gars couché par terre faisait tomber toutes les olives avec son zizi. Là, on à trouvé le bon, il le ramène, elle dit non je n’en veux pas, pas assez. Ils repartent, et arrivent au bord d'une rivière et tout le monde se dirigeait au même endroit. Merde le pont, c’est par là, c'était encore un qui faisait traverser les gens avec son zizi.

 Il y en a de bon au Portugal!.

 Ah c’est des portugais ça!. Traverser d’un côté à l'autre sans toucher l'eau. Et là tout d'un coup, ils crient venez, venez, au moment ou un gars traversait l'autre coté il rentre son zizi. Les voilà partis, ils se présentent et tout le monde surveille y compris le roi, il fait son affaire à la princesse et juste après celui qui traversait est libéré et sort, le roi:<eh ben celui là est le bon, il vient d'arriver et m’a déjà fait un petit fils.

 Ouah! elle est compliquée ton histoire.

C’était mieux que ça mais ne je me rappelle plus.

A suivre (111)... 

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 26 décembre 2011 1 26 /12 /Déc /2011 06:23

Suite...     

Après, moi déjà petit jeune homme, le dimanche matin je travaillais jusquà une heure, je rentrais me laver, comme ca, pas de douche, pas de baignoire, seulement une 0 L 4 (2) grosse bassine toujours en terre cuite j'attendais pour manger. Après, je prenais mon vélo et j’allais retrouver mes copains tous les dimanches on savait où on allait, tout le monde à vélo, copains, copines.

    A quel âge tu as eu un vélo?.

   13 ou 14 ans, j'ai acheté un vieux vélo d'occasion à un oncle et je l'ai fait rénover. Sous Salasar, les vélos étaient immatriculés et il fallait un permis. D’ailleurs il fallait un permis (ou licence) pour avoir un chien, les charrettes tirées par des bœufs ou chevaux avaient aussi une immatriculation. Moi, je n'ai jamais passé le permis, je roulais sans et je ne me suis jamais fait prendre mais le vélo avait une plaque à mon nom.

   On allait toujours à la maison de celui qui été le plus près de là où on allait. Tout le monde laissait son vélo et on partait à pied tous à des 15 / 20 k de là, et on jouait tout le chemin, et on revenait pareil. Souvent on mangeait une bricole, un bout de gâteau par ci, par là,. Nous allions à des fêtes ou voir des groupes folkloriques ou parfois à la plage avec un ballon, un rien on s'amusait, on se faisait tomber les un les autres dans le sable de préférence les filles mais attention là, pas touche il y avait toujours un frère responsable tu vois, puis les filles rentraient chez elles.

   Moi j’avais pas de sœur alors, après, le soir je passais à la bibliothèque, moi j'étais adhérent, je payais un abonnement tous les mois. Il y avait les journaux, j'aimais bien, il y avait aussi la télé dans une grande salle, attention bruit interdit après j'allais au café boire une bière brune avec des lupins cuits. Tu nas pas vu ça la-bas?.

   Oui, c'est des trucs jaunes, il faut enlever la peau.

   C’est ca, après j’allais au cinéma souvent tout seul.

   Ou alors avec des copains pas des filles.

   Tu avais un peu de sous quand même.

  0 L 4 (3) Je travaillais, à partir de mes quinze ans, j’ai gagné pour moi et je sortais du cinéma je passais au bal, c’est à partir de là que ça ce compliquait, je ne dansais pas moi, c'était juste pour voir les filles, j’attendais minuit comme çà je ne payais pas pour peu qu’il y avait des gars et filles de mon coin, on rentrait ensemble tout ca par des petits chemins, on se cachait derrière les pins dans le noir pour se faire peur les uns les autres, que des conneries toutes simples, tu vois on s'amusait avec rien et il y avait une bonne ambiance, on respectait les filles, c'était sérieux. Même des mobylettes, il y en avait très peu, tout le monde vélo, mais aussi beaucoup de marche à pied.

   Et après, coucher dans la paille.

   Pourquoi dans la paille?.

   Ah! minuit, souvent la porte était fermée.

 

   Pas souvent mais parfois, souvent à Pâques, on avait de nouveaux habits et si j'avais fait quelque chose de pas bien, on me disait: - tu n'aura pas ton costume, tu n'aura pas ceci ou cela...

Ces menaces-là je les prenais très au sérieux aussi quand c'était le moment d'aller à l'essayage, je refusais tout net, c'est pour ca que j'avais souvent de vieilles loques sur le dos.

   Et puis un jour il y a eu une réunion de famille (mes parents et moi), grandes discutions. La décision à été prise que je donnerais ma paye à mes parents pour être nourri et logé, et les heures supplémentaires je les aurais pour moi, pour m'habiller et mes sorties. Un grand pas vers la liberté, parce que je n'aimais pas travailler la terre, j'aimais bien mieux être maçon même si ce n'est pas toujours facile.

 

   J'avais très envie d'avoir une montre, je les regardais dans la vitrine en pensant ne jamais pouvoir me l'offrir. Je travaillais justement chez le beau-frère du bijoutier quand un chauffeur de mon patron est venu me parler: - Si elle te fait envie!, achète-la. - je n'ai pas les moyens. - Mais si, suis moi tu vas voir. Il m'a présenté au bijoutier en vantant mes talents de maçon, l'autre me propose de venir chaque semaine le payer peu à peu. Je suis reparti avec la montre, je la trouvais si belle que de peur de l'abimer, je la mettais dans ma poche pliée dans un chiffon. Je ne la mettais au poignet que pour les grandes occasions. Je l'ai encore...

  0 L 4 (1)

   J'aimais bien rendre visite de temps en temps à mes marraines, j’en ai deux, une c'était ma tante sœur de mon père, et lautre parce que c'était la femme de mon parrain. Je ne me rappelle pas de lui, il est parti un jour pour le Brésil je crois et il n’est est jamais revenu. Mais j’allais toujours la voir, elle me donnait mon dimanche tu comprends (une petite pièce), et aussi parce que j’avais mon gâteau, cest tout, la coutume qui veut que à Pâques, jusquà ce que tu soit marié, on va les voir et ils nous donnent un gâteau avec des œufs plantés dedans cuits durs avec des pelures d’oignons pour leurs donner une couleur et plus tu as de l’âge, plus le gâteau est grand et plus y à des œufs normalement vers la fin c’est de l'argent qu’on te donne.

   Ah, je ne connais pas cette coutume.

   Ici, ça à toujours existé.

A suivre (110)...

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 06:50

Suite...   

Tu sais que j'ai habité quatre ans dans le nord du Portugal, c'est là que j'ai passé mon certificat d'études. Ca c'est une idée pas très géniale de ma mère. 0 L 5 (2)

   Tu ne l'a pas passé à ton l'école?.

  Si mais dans une autre, pas chez moi puisque ma mère comme elle n'avait pas les sous de mon père, elle a cru qu'en allant habiter près de là où il travaillait, il aurait donné plus. Nous sommes d'abord tous allés habiter là-bas pour le retrouver, j'avais huit ans peut être. Mais lui chaque fois, il s'éloignait, on était jamais réellement avec lui. Quand elle a vu çà, elle est revenue, mais moi je suis resté avec mon père. Ça n'a pas était facile parce qu'il avait fallu louer la ferme. Après ça a été dur pour la récupérer (4 ans) sinon elle serait revenue avant. C'est à ce moment là que lui revenait tout les six mois, mais moi je restais là-bas.

 

   Et après, je suis parti avec lui pour apprendre le métier, mais en déplacement. Alors je suis resté plus d'un an sans voir ma mère. On travaillait du levé au couché du soleil. Lui aussi était tâcheron, il travaillait un peu à son compte.

    Il partait faire des chantiers si loin?.

    Oui, pour faire ce qu’il voulait tu comprends, à peu près tous les six mois, il allait quelques jours voir ma mère, mais moi non, pour ne pas payer le train. Et moi, j’étais grand alors il disait que j’étais son frère devant les gens, j’avais même le droit de lui dire tu (En ce temps là, il était obligatoire de vouvoyer ses parents).    D’autres femmes, pas une en particulier; peut être une par chantier je ne sais pas. Alors ma mère voyait peu d'argent de lui.

 0 L 5 (1)  Elle a dû en voir pour nourrir ses garçons!.

   Tu vois, la semence c’est rien d'extraordinaire. Elle a beaucoup souffert. C’est pour ça que quand il me prenait avec lui, c'était une bouche de moins à nourrir.

   Je comprends.

   Ça à durer jusqu'à l'âge de 14 ans pour moi. Après, il n’est plus parti. J’avais honte d’être battu. Un jour je me suis retourné contre lui: il a voulu me taper avec une latte, j'ai attrapé la latte et je lui ai dit: «-c'est fini, vous ne me taperez plus!». Et ca a été fini, il ne m'a plus tapé mais il n'a plus voulu que je travaille avec lui, il m'a mis avec un autre maçon.

   Et même une fois, il a essayé de faire venir toute la famille habiter là où il travaillait, certainement poussé par ma mère, mais ça à été l'échec complet, financièrement et tout était à l'abandon chez nous. Alors c’est même peut être là que tout le monde est revenu. La réalité de tout ça, je ne me suis jamais senti aimé à la maison tu vois.

   Même par ta mère?.

   En ce temps là, je pense que la priorité c'était de vivre et on ne pensait pas au reste.

  Je comprends, moi non plus, enfant, je n'ai pas eu de tendresse. 0 L 5 (3)

   C’est ca qui m’a fait partir.

 

   Je raconte un peu tout mélangé mais je sais que tu me comprends.

   Tu as raison, il faut dire les choses comme elles viennent.

 

   Sur les photos, ton père, on dirait un jeune homme!.

   Oui, il faisait jeune lui, il avait un an d'écart avec ma mère, il a gardé les cheveux noirs jusqu’à la fin mais il avait une touffe blonde. Je t'explique la touffe blonde, et ne te moque pas, c’est vrai. Ma grand-mère, quand elle était enceinte a attaché de la vigne et elle avait coincé les attaches contre le ventre de son tablier et c’est là qu’il avait sa tête. Alors çà l’a marqué et ça lui a fait une touffe blonde. Écoute, j'ai toujours entendu raconter cette connerie.

   Un bel homme ton père.

   Ben oui il le savait, mais il avait des touches lui, c’est pour ça que quand je bossais avec lui en déplacement il disait et mobligeait à dire que jétais son frère.

A suivre (109)...

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 12 décembre 2011 1 12 /12 /Déc /2011 06:01

Suite...  

Aujourd'hui sur le terrain où il y a la ferme, il y a deux puits artésiens qui donnent de l'eau en abondance à 13 m de profondeur.

   Mais à cette époque, il y avait bien trois puits mais qui étaient commun avec les voisins. Il y avait des tours pour puiser l'eau pour arroser et pour les bêtes mais pas question de prendre de l'eau quand ce n'était pas son tour. 0 L 6 (1)

    Chaque soir il étaient taris, il fallait attendre le lendemain pour que l'eau revienne.

Ces puits existent encore, il font 3 ou 4 m de diamètre, avec un système de roues, il fallait attacher une vache pour faire tourner. Il y a des vaches qui refusent d'avancer toutes seules, et nous, les enfants on étaient chargés de marcher derrière pour les empêcher de s'arrêter. Tu imagine ca? un tout petit enfant qui s’appuie sur une patte de la vache et qui avance à moitié endormi!...

 

   Ma mère à tellement souffert du manque d'eau, elle n'a jamais su qu'il y avait toute cette eau qui dormait sous ses pieds. Quand j'y pense, j'ai vraiment mal au cœur, juste un tuyau de 13 m!.

 

   J'ai connu les mêmes choses que toi dans mon enfance, sauf l'eau dans le vin, nous avec les restes de vendanges, on les amenait et, dans un alambic, on faisait de l'alcool, tu sais celui que tu parles et tout quil était super fort, et une fois pressées on les ramenait pour les donner aux poules.

    Je sais, et les poules étaient saoules aussi!.

   Ça c’est vrai. Moi, j'ai encore ici à la maison du marc fait comme ça dans des jerrycans en verre recouvert de jonc. J’en ai encore peut être 5 litres, je dois avoir une bouteille que j'ai faite avec des mirabelles. Je devrais en faire avec des cassis et des framboises ou même des groseilles. Les cassis sont déjà rouges et en plus tout ces fruits, moi je les ai.

 

 

 0 L 6 (3)    Écoute cest vieux ça!. Il faisait beaucoup de choses, il tenait un café et cest là que tous les jeunes aimaient aller, c’est le premier café qui a eu la télé chez nous, attends, je parle de ça il ny avait pas l'électricité. Tu sais chez mes parents non plus en ce temps là, je te parles tu sais que chez mes parents il ny a jamais eu l'électricité, il y a eu le téléphone c’est tout après que je soit parti, il y avait électricité avec une batterie, on allait les faire charger là où il y avait de l'électricité, sinon de mon temps tout au pétrole. Tu as eu une vie difficile toi, mais moi c'était pire.

  Oui, je sais bien.

  Aujourd’hui les gens ne savent pas tout ca, et pourtant, il y a encore beaucoup de misère.

 

   Oui, la misère d'aujourd'hui est sans doute encore plus grave car les gens savent de quoi ils sont privés, nous, on ne savait pas comment était la vie des riches...

 

   C'est quoi tes meilleurs souvenirs?.

    Les bons souvenirs, j'ai vraiment pas tu sais. Je suis allé à l'école de 7 ans à 10,5, en ce temps là, c'était beaucoup, toutes les familles n’envoyaient pas les enfants. Ma mère ne savait pas lire, mon père non plus.

    Je sais, ma mère était analphabète, mon père non lui est allé à l'école. C'était gratuit?. 0 L 6 (2)

   Oui, gratuit. Mais ils tenaient absolument à ce que nous, nous ayons le certificat d’études. Mais beaucoup de familles faisaient travailler les enfants et ne les envoyaient pas à l'école. Parce que je l’ai passé avant les vacances et moi je suis du moi de septembre, j’avais presque 11 ans mais pas tout à fait. Et heureusement sinon je aurais pas pu venir ici. Pour que l'état me laisse partir il fallait au minimum le certificat d’étude. Moi, je suis venu légalement tu comprends!.

Je sais bien.

Déjà, pendant les grandes vacances, j’allais travailler avec mon père, comme apprenti. Et même la dernière année, il ne voulait plus me remettre à l'école, il a changé d'avis quand l’année était déjà commencée. Puis il a eu du remord, il a demandé à la responsable de l’école, si elle voulait me reprendre. Elle a dit oui parce que j’étais un bon élève tu vois!.

Ah très bien!.

Je n'ai pas toujours été mauvais.

Mais non t'es pas mauvais, qui a dit ça!.

A suivre (108)...

 

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 06:23

Suite...    

 Et le café était fait comme dans les films.

    Dans une casserole et un vieux bas?.

    Non, pas nous. Nous le café était mélangé avec l'eau et bien touillé, et ma mère versait le café dans les bols avec précautions mais parfois ça n’allait pas assez vite à retomber, elle enlevait le couvercle, prenait des braises bien rouges et les jetaient dedans et ca aidait à faire retomber le marc café dans le fond. Tu ne connais pas ça tiens!. 0 L 7 (3)

    Ça non, je ne connais pas.

    Le plat principal, c'était la soupe au pain?

    Le plat, il y en avait qu’un, la grosse soupe avec légumes et viande de la maison, puisqu’on tuait le cochon.

   Pas de viande tous les jours je suppose!.

   Non, il y avait les fins de mois qui étaient très difficile.

   Ta mère élevait des volailles?.

   Oui mais pour vendre, pour nous uniquement aux grandes fêtes et on récupérait même les pattes pour faire la soupe, elle les ébouillantait, la peau jaune s’enlevait tu vois ce qu’on récupérait.

   Nous aussi.

   Ben nous avons eu pratiquement la même enfance.

   Non, je crois que tu as eu l'enfance comme mes parents, moi c'était un peu mieux.

   Ce que nous mangions?, écoute beaucoup de poisson,

   C'est vrai, la mer était pas loin.

   Du cochon et du bœuf lors des grandes fêtes, le poulet c'était en général quand on était malade, en ce temps là c'était plus rare ça parce qu’on disait que pour manger ça, on a toujours faim et ça fortifie tout ça avec une grosse soupe il y avait de tout dans cette soupe épaisse, tu sais la cuillère restait plantée debout.

Le matin, avec le café noir, on avait le droit de prendre un bout de pain de blé, mais après, le reste de la journée que du pain de maïs. Et après, toujours une assiette de grosse soupe. Après la soupe, soit un bout de viande soit un morceau de poisson, mais attention petit, une sardine était coupée en trois, et tout le monde veut le milieux la queue ou la tête c’est les moins bon. Beaucoup de choux dans ces soupes là, des pâtes du riz, de tout et le dimanche surtout l'été, toujours ma mère en revenant du marché ramenait des sardines dans la braise, salade de tomates et poivrons cuits aussi dans les braises et pain de maïs des fruits rien que ceux de la maison pas les premiers ni les derniers, ceux là il fallait les vendre. Les viandes étaient conservées dans le gros sel, ça donnait un bon goût aux soupes et des fois une saucisse ou un chorizo plus rare ca.

 

0 L 7 (1)   Tiens chez nous il y avait des champignons qui poussaient au milieu des pins ils étaient jaune, ca soulevait la terre quand ils sortaient et quand on les mangeait ca avait un gout de poulet, c'était très bon.

   Et bien t'as de la chance toi, des champions au gout de poulet!

   Et les meilleurs c'était ceux qu'on ramassait alors que la terre était juste soulevée, c'est le souvenir que j'ai et je me rappelle encore du nom en portugais ca s'appelait des miscaros, après je me rappelle d'une autre espèce qui poussait juste après la coupe des blés, ils étaient très bons aussi on les faisait frire à l'huile, la saison ne durait pas longtemps.

 

   Comment fête-t-on Noël au Portugal, pareil qu'ici?

   Tout à fait même plus que ici, mais le plat principal c'est de la morue, des pommes des terres et des choux. Ça s'exporte beaucoup pour les Portugais qui se trouvent à l’étranger, c'est une variété qui se cultive en grande partie pour la Noël, il gèle très peu la bas.

   Des choux de Noël en quelque sorte!

   C'est un peu comme les cœurs de bœuf, on cuit les feuilles entières avec les pommes de terre cuite à l'eau coupées en deux, la morue aussi à l'eau ensuite on égoutte tout et on met ca sur la table chacun se sert, on arrose dans l’assiette avec l'huile d'olive et on prend des dents d'ail cru avec. 0 L 7 (2)

   C'est un des plats traditionnel de Noël mais c'est aussi cher qu'autre chose.

   Pas très recherché me semble-t-il 

   Oh que si la bas, et tous les portugais qui se trouvent à l'étranger ... tu sais pour trouver la bonne morue et c'est choux-la c'est pas facile mais mangent autre chose avec, ils mangent beaucoup et très tard et tout les cadeaux sont déposés au pied de l'arbre depuis le debout du mois au fur et à mesure et chacun déjà avant Noël va faire bouger les paquets pour savoir ce qu'il y a dedans, c'était, mais maintenant c'est au même prix que reste même plus à l'occasion de Noël ca s’appelle le repas de la Consuade. Je te dis ca maintenant parce que quand j'étais petit, les cadeaux c'était une pomme ou une orange mais se font tous un cadeau. L'année ou j'y suis allé, même mon chien a eu un cadeau et je l'ai toujours, je ne lui ai jamais mit un manteau en laine!. Demande à Amélia, tu vas voir pour le chien.

A suivre (107) 

 

 

 

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 28 novembre 2011 1 28 /11 /Nov /2011 06:52

   Suite...

Je vais te donner une combine. Moi j’étais l'aîné, ok! Je devais bercer mes frères pour les faire dormir. Déjà, de temps en temps, je volais la tétine, tu sais pourquoi?, c'était du sucre, ma mère mettait du sucre en poudre, du marron, dans des bouts des chiffons propres et c'était ca la tétine!. Et après ils pleuraient, je leur donnait bien sur mais il ne sendormait pas quand même. Alors avec mes doigts, je prenais de la salive à moi, tiens toi bien, et j’essayais de leurs coller les yeux. C’est vrais ca!. 0 L 8 (3)

    Pour les faire dormir?.

   Ne le fait pas toi, ça ne marche pas. Les yeux fermés pour moi, c'était bon, ils dormaient. Tu vois dommage que je fais beaucoup de fautes, je suis surpris d’arriver à taper aussi bien, pour moi c’est un exploit.

 

   D'où vient la ferme de tes parents?.

   De mes grand-parents maternel, le grand-père était marchand de bois,.il était toujours en Espagne. La mère de mon père travaillait pour eux. et lui, leur a piquer la fille, c'est à dire que ma mère a épousé le fils de la domestique. Mon père lui, n'avait rien, fils de père inconnu, mais on savait qui était son père, je te dis ça, j'ai toujours entendu dire que cet homme là était mon grand-père il ne l'a jamais reconnu et n'a jamais rien fait pour lui ni pour nous (il était marié). Ma grand-mère, quand j'étais petit, elle venait à la maison, et parfois elle couchait là, avec moi. Écoute bien, elle amenait ses draps, elle les pliait en deux rien que pour elle, pour que je ne me couche pas dessous.

   Mais pourquoi?.

   Elle était comme ça, elle pliait son drap et moi je restais de mon côté c'est tout.

 

   Tu as encore envie de me parler de ton enfance?.

     Oui, mon enfance à été difficile, j’ai été élevé à la dure, il fallait travailler à partir du moment ou on sait marcher. Toujours des travaux dans la maison pour aider les parents, des difficultés pour manger, il n’y avait pas tous les jours.

  0 L 8 (1) Il y avait l'électricité?.

   Non, lampe à pétrole, et parfois il n’y avait pas assez de pétrole. Je me souviens de mettre de l’eau dans la lampe pour que le pétrole plus léger, monte jusqu’à la mèche et parfois quand il n’y en avait plus du tout, on s’éclairait avec le feu, au bec.

   Qu’est-ce que c’est?

   Comment t’expliquer!, des bouts de bois fendus exprès.

   Comme des petites torches?.

   Oui, on choisi dans les pins qui ont de la résine, tiens comme les hommes des cavernes!.

   L'eau courante, il n’y en avait pas, on avait un système de meuble sur lequel il y avait des jarres en terre cuite, conçu pour que ça bascule facilement pour remplir les verres ou les casseroles. Mais le manger se faisait dans des marmites en fonte.

   Dans la cheminée?.

   Oui, posées par terre près du feu ou pendues sur un fer exprès, tu sais au feu de bois.

   Chez nous aussi.

   Le pain était fait par ma mère mais toutes les trois semaines seulement.

   Nous aussi, elle allait chez sa sœur pour le cuire car on n'avait pas de four.

   Surtout du pain de maïs.

   Du pain de maïs?.

   Oui, toujours et maintenant, j’adore ça!.

   Je ne connais pas ça.

   Tu sais, ma fille m’en ramène tout le temps quand elle vient. Pas loin d’ici, on en vend. 0 L 8 (2)

   Tu me fera goûter?... c'est comme la polenta, en Italie?.

   Non, maintenant c’est bien mieux, ils y mélangent un peu de blé, mais en ce temps là, c'était que du maïs et souvent du jaune, le maïs blanc est plus cher. Ma mère, à chaque cuisson faisait un petit pain pour chacun de nous. Elle les plaçait juste à l'entrée du four pour les cuire et quand on se levait pour aller à l'école, on l'avait déjà tout prêt.

   Nous, on cultivait le maïs que pour nourrir les bêtes.

   Nous, il servait pour les bêtes et pour nous, elle apportait le maïs au moulin et elle ne payait rien, pour x mesures de farine elle devait apporter une certaine quantité de maïs, le meunier se payait en maïs. Nous avions une charrette tirée par des bœufs ou des vaches pour aller quelque part c'était très long, ça ne va pas vite.

   Je sais nous aussi, on allait à la foire en charrette.

   Tu était assise sur les bêtes?.

   Non, dans la charrette. Il y avait combien de vaches?

   On leur parlait d'une certaine façon et elles comprenaient presque tout, sauf quand c'était un chemin où elles n’allaient pas souvent. Aux croisements, il fallait descendre pour les guider. Il y avait des charrettes à deux ou à une, Nous c'était une. On faisait tout avec ça.

A suivre (106)

 

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 21 novembre 2011 1 21 /11 /Nov /2011 06:36

    Suite...

Tu sais pas quelle vie j’ai mené!. Les petites pommes de terre on les cachait derrières les `arques´.

  «-Il y en a bien peu!:».

  «-Ah moi j'ai tout épluché!»

  «-Tu est sur oui?».

   Et le jour qu’on déplaçait une arque je te dis pas le dégât!.0 L 9 (2) Tu vois ce que c’est!. Tu sais ma mère en ce temps là, elle était très maigre, elle se privait de manger pour nous donner à nous. J'ai vu des gens qui le savaient, quand on passait devant chez eux, ils nous faisaient entrer, à moi ils me donnaient une pomme par exemple et m'envoyaient jouer dans la cour. Et pendant ce temps, ils la faisaient manger. S’ils lui donnaient quelque chose à emporter, ils savaient qu’elle nous le donnerait à nous. Alors qu’elle était issue d’une famille des plus aisées. Quand j’y pense, ça me fait mal aux tripes, j'ai jamais raconté ça à mes enfants ni à personne tu vois. Et j'ai comme ça un tas de choses à l'intérieur de moi tu vois. Ça c’est les périodes de déplacement de mon père. Lui, il n’envoyait pas un rond. C’est tout ça et d’autres choses ensemble, je ne me sentais pas bien.

   Aujourd'hui, quand j'entends ma belle sœur dire: «-on y mangeait bien chez la grand-mère!». Je n'ose pas dire que j'ai connu la vrai FAIM et ma mère encore pire.

    L’injustice ou la misère?.

   Les deux mais quand je suis parti, ça allait déjà mieux, beaucoup même.    L'injustice oui, la misère il y en avait déjà plus.

   Ton père trop sévère!.

   Oh oui! tu sais après, moi j'ai envoyé de l'argent pour retaper toute la maison, acheter des vaches etc, et aujourd’hui, à la moindre bricole, on m'envoie une facture tu vois. Tu sais que mon père était le premier servi à 0 L 9 (1)table, et les meilleurs morceaux. Parce que lui travaillait. Tu vois le principe en ce temps là!. Moi j'ai toujours dit: Mes enfants d’abord, moi après, et là où mes enfants ne pouvaient pas aller, je n’y allais pas c’est tout.

   Je me rappelle très bien de mes premières chaussures. Tu vas rigoler, moi aussi aujourd’hui je rigole. Des belles chaussures noires vernies, je marchais exprès sur les ronces, je savais que ça ne piquait pas. La première averse venue, il n’est resté que les semelles en bois, c'était du carton. Tu sais quand c'était le plus difficile de marcher pieds nus?. L'été, en revenant de l'école, sur le sable chaud. On faisait exprès de rentrer les pieds dans le sable, c'était moins chaud.

   Et quand on se buttait avec le gros orteil sur les racines des pins qui sortaient du sol, encore aujourd’hui j'ai l'ongle du pied gauche tout noir et ca vient de là. Quand on nous envoyait faire des courses on courrait avec un cerceau soit la partie métallique d'une roue de vélo soit un cerceau découpé dans un pneu de voiture coté fil de fer (extrémités des pneus) nous guidions ca avec un bâton. Il y avait différentes façons de le faire selon le cerceau .

   J'ai comme ça des souvenirs qui me reviennent mais ils sont tous mélangés.

   C'est pas grave, dis comme ca te vient...

  Et même après, quand j’avais des vraies chaussures, pour les longues marches, on les enlevait, on les attachait ensemble pour les porter sur l'épaule et on les enfilait aux pieds à la porte de l'église .

   Pour économiser?.

   Parce qu’on n'avait pas l'habitude, aussi on avait du mal à marcher avec.   On attrapait facilement des cloques aux pieds. Il fallait acheter des plus grandes, pour ne pas changer souvent à cause de la croissance.0 L 9 (3) Aujourd’hui même, je ne sais pas mettre des baskets sans chaussettes, tu te rends compte!.

   Oui, je me souviens aussi que mon père avait coupé le bout de mes chaussures devenues trop petites pour faire dépasser les orteils, je n'avais pas souvent des neuves. Et je vais te dire une chose que même aujourd'hui je n'ose pas dire à l'ophtalmo quand il me questionne: ma mère m'a obligée à porter les lunettes de ma sœur parce que je n'y voyais pas bien. Misère + ignorance, j'ai souvent peur que nos enfants nous prennent pour des fous...

A suivre (105)

 

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 14 novembre 2011 1 14 /11 /Nov /2011 06:16

   (Suite)

 Et c'était des corrections?.

   Ah oui! on avez droit aussi et ça tombait avec la ceinture doublée mais toujours au moment ou on s’y attendait le moins. Personne n'avait rien, on mangeait. Le soir, on lavait ses pieds et on les séchait autour de la cheminée et au moment d'aller au lit: «-Viens là toi!» Et on te posait des 0 M (1)questions et là, sûr, tu y avais droit jusqu’à ce que la mère s’interpose entre les deux, et parfois, elle prenait les coups perdus.

 

  Chez moi, c'est la mère qui frappait et le père ne disais rien.

 

   Tu sais moi j'ai encore connu le temps ou on marchait pieds nus, on mettait les chaussures le dimanche pour aller à la messe. Ma mère criait beaucoup mais ne frappait pas, et oui. Alors on s’approchait de la porte de la cuisine, on restait là, on n’osait pas entrer on savait bien qu’on avait fait le con. Elle criait et de temps en temps elle essayait de nous attraper!, tu parles nous, on courrait plus vite. Et comme ça trois ou quatre fois et après on rentrait et elle faisait rien du tout. 0 M (2)Le paternel non, lui frappait et criait après. Tiens, j'ai même eu des côtes enfoncées à coup de pieds. C'était très dur.

   Je pense que c'est du fait que de tout petit j'ai travaillé avec lui, une première fois entre huit et neuf ans, et ensuite après que j'ai eu mon certificat des études (sésame da quarte classe) ce que pour l'époque c'était très bien, juste avant l'âge de onze ans, à l'époque nous coupions des arbres que nous scions manuellement, moi j'étais juste un petit aide et je ne faisais pas toujours bien attention à ce que mon père me disait, souvent j'étais battu, plus tard, il me faisait passer pour son frère, il fallait que je l’appelle par son prénom, il s'occupait des filles, et de ce fait, gaspillait de l'argent au lieu de le donner à ma mère qui en avait bien besoin pour nourrir ses enfants. Une période très dure ou je restais des mois voire plus d'une année sans voir le reste de la famille.

   Les autres moins mais moi le plus vieux, j'ai eu la vie dure.

   Tu devais montrer l'exemple!.

   Oui, ça s’est arrangé quand petit à petit on a commencé à bosser et tous, quand on rentrait de l'école, chacun son boulot, l'un allait chercher de l'herbe, un autre du bois, un autre de l'eau. Pour boire, il fallait aller à la fontaine chercher dans des jarres en terre cuite et attention de pas la casser. Tu prenais une que tu pouvais porter et tu allais autant de fois que nécessaire pour remplir les grandes.

Écosser des haricots frais ou sec pour faire à manger c'était aussi le boulot des enfants, pour les grandes quantités çà ce faisait avec des maillets en bois, accroché à un manche par une lanière de cuir, et ensuite ventiler avec un moulin, tourner manuellement pour bien enlever les déchets, de paille et autres. 0 M (3)

La corvée d'éplucher les pommes de terre, des toutes petites bien sur, interdit de faire des grosses pelures, il fallait les garder pour donner aux cochons et le soir tout ça était contrôlé par la mère ou le père. L’herbe, il fallait faire x paquets séparés pour contrôle. Je ramenais des gros, le plus que je pouvais porter, et après je faisais des petits tas dans la grange.

   «-Ils sont bien petits tes paquets!».

   «-Eh je peux pas porter plus c’est lourd!».

    Des fois ça passait, des fois pas. Alors on t’envoyait la nuit dans les champs chercher le complément.     

    Même toi, tu n’as pas connu tout ça!.

   Pas comme toi non.

A suivre (104)

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 12:32

   Je suis né au milieu d'un bois, dans la grande forêt du Roi Dinis (légende ici ) à un peu plus de cinquante Kilomètres au nord-ouest de Fatima, et vraiment au bord de la mer, ces mois là (septembre), il n’y a que des bonnes choses regarde, toi il te faut la grosse couverture, et même si on a une cheminée on fait facilement un feu de bois et on se sent très bien au tour. Tu sais moi je suis né à 4 voir 5 Km de la mer et l'été il y a facilement un écart de 10 degrés, là ou les enfants sont partis aujourd’hui c’est là le plus chaud du Portugal.  0 M (5)

 

     Moi avant, jallais un peu dans la mer et lorsque les grandes vagues arrivaient je me jetais dedans. Résultat, plusieurs fois javais le ventre tout griffé, cest pour ça tu vois mes enfants, j'ai voulu qu’ils sachent nager depuis tout petit. Même pas amateur là aussi je suis nul. Oui tous les deux, ma fille elle, nage même très bien parce quelle va aussi avec ses élèves tu comprends. Justement au bord de la mer elle me fait toujours peur, c’est en général celle que tu vois le plus loin. Les pêcheurs parfois, ils attrapent dans leurs filets pour quelquun comme moi qui sais pas nager, ça fait peur. Elle va beaucoup à la piscine, elle est abonnée. Mon beau fils nage bien aussi mais pas aussi longtemps qu’elle.

 

   0 M Clip (4)   Je vais vous dire madame Jeanne, les meilleurs protecteurs de la nature c’est les pêcheurs et les chasseurs. Moi je suis du temps ou une sardine était partagée en deux voire trois et personne voulait le côté de la tête. Et autre chose, une olive tu vois ce que c’est…

   Il n’y a pas que toi qui as été pauvre!.

   Nous avons été logés à la même enseigne. Donc une olive on devait en faire deux, voire trois bouchées et les olives maison étaient toujours petites… Mes parents avaient quelques oliviers à l'époque.

     Ah bon, moi une olive, j'en ai vu pour la première fois j'avais 15ans.

    Oui, j'en ai vu beaucoup là-bas, et des très vieux.

 

   Ça vit très vieux cet arbre là. Les poulets, les œufs, les fruits, les légumes, nous n'avions pas le droit d’en manger que lorsqu’au marché ça ne se vendait pas bien. Mon père passait avec un râteau sur la terre en dessous de l'arbre pour voir les marques de nos pieds, alors on faisait attention, on y allait et en reculant avec le râteau, on le remettait en place mais souvent il le0 M (6) voyait. 

 

  

Parfois il utilisait des planches avec des clous qu'il cachait sous la surface du sol sous les arbres, un peu partout comme nous marchions les pieds nus, nous nous serions piqué et donc, ça nous dissuadait, et pire, si on montait aux arbres et qu'on sautait ensuite la, ca ferait très mal, à ma connaissance c'est jamais arrivé...

A suivre....

 

 

Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 31 octobre 2011 1 31 /10 /Oct /2011 05:08

    On va faire une pause en ce qui concerne les photos des villages, faire une place à la lecture d'une autre histoire VRAIE!. 0 M Clip (1)

 

   Il y a quelques années déjà, j'ai fais la connaissance de mon compagnon actuel sur internet, nous avons bavardé sur messagerie instantanée tous les soirs, jusque tard dans la nuit, pendant de nombreux mois. Nous nous sommes raconté nos enfances respectives et une parties (seulement hélas) de ces conversations ont été enregistrées sur disque dur...

 

   Vous avez été très nombreux à lire l'histoire de mon enfance et merci à vous tous qui m'avez donné vos appréciations, en commentaires sous les articles, en e mails et même de vive voix pour certain d'entre vous.

Aussi je me permets de publier ces conversations (avec son accord bien entendu), je vous les livre avec le moins possible de corrections, les sujets un peu en désordre mais je tenais à garder l'authenticité.

   Je sais d'or et déjà que vous lui ferez un bon accueil.

 

0 M Clip (2)

   Petite précision: né au Portugal en 1943 sous la dictature de Salasar, dans un pays bien pauvre, fils aîné d'un maçon, il deviendra maçon lui-même, sa naissance a déjà été bien peu ordinaire: A l'époque on accouchait à la maison et une «sage femme voisine (rarement diplômée)» venait assister. Le bébé était mort-né. La maman malade, on se décide après maintes palabres à aller chercher le médecin, ce qui a pris un certain temps, il n'y avait même pas une bicyclette.

   Celui-ci s'occupe de la mère et demande - où est le bébé?. - il est mort, dans la pièce à côté... - allez me le chercher. Il demande une bassine d'eau froide et une bassine d'eau chaude, il a trempé le bébé dans l'une et l'autre plusieurs fois et il est revenu à la vie, 68 ans plus tard, il est en pleine forme!. 0 M Clip (3)

 

   Mes propos seront en italiques et comme d'habitude, un article chaque lundi, classés dans la catégorie: Portugal qui comporte déjà 7 articles sur ce beau pays ....

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Par Petite Jeanne - Publié dans : Portugal - Communauté : Souvenirs d'enfance
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Lundi 24 octobre 2011 1 24 /10 /Oct /2011 06:28

0009 Pyrénées (1) 

  Les paysages sont si beaux, comment les décrire?...

 

   A chacun son émotion devant des sites aussi grandioses. Du col Mandé à Arreau en passant par Luchon, après chaque virages, une vue nouvelle, un village blotti tantôt à flanc, tantôt en haut, tantôt dans la vallée. Des prairies, des fleurs, des troupeaux, de la landes, de la neige sur les cimes et oh surprise, une cabane non pas au fond du jardin mais tout en haut dans la forêt!.0009 Pyrénées (10)0009 Pyrénées (11)0009 Pyrénées (12)0009 Pyrénées (13)0009 Pyrénées (14)0009 Pyrénées (15)0009 Pyrénées (16)0009 Pyrénées (17)0009 Pyrénées (2)0009 Pyrénées (3)0009 Pyrénées (4)0009 Pyrénées (5)0009 Pyrénées (6)0009 Pyrénées (7)0009 Pyrénées (8)0009 Pyrénées (9)

Par Petite Jeanne - Publié dans : Mes voyages
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